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L'Océan est dans un Etat Critique

Oct. 04/13
UICN

D’après une étude réalisée par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature et le Programme International de l’Etat de l’Océan, les océans du monde sont dans un état critique à cause du changement climatique induit par l’homme.

Ce que ces derniers rapports indiquent de manière claire c’est que repousser l’action fera augmenter les coûts à l’avenir et conduira à des pertes plus importantes voire irréversibles

Professeur de l’UICN, Dan Laffoley

Un groupe international de scientifiques marins, y compris des experts de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), demande des solutions urgences pour faire cesser la dégradation de l’océan en se basant sur une découverte selon laquelle le taux, la vitesse et les impacts des changements sur les océans du monde étaient plus important, plus rapide et plus imminent que ce que l’on pensait précédemment.

Les résultats de la dernière étude sur les facteurs anthropogènes de stress sur l’océan du Programme International de l’Etat de l’Océan (IPSO)/UICN, vont au-delà de la conclusion atteinte la semaine dernière par le Groupe Intergouvernemental d’experts des Nations Unies sur l’Evolution du Climat (GIEC) selon laquelle l’océan absorbe une grande partie du réchauffement climatique et des taux sans précédents de dioxyde de carbone (CO2) et ont prévenu que l’impact cumulé avec les facteurs de stress de l’océan était bien plus grave que les estimations précédentes.

La diminution des taux d’oxygène dans l’océan causée par le changement climatique et les coulées de nitrogène combinées à d’autres pollutions chimiques et à la pêche excessive minimisent la capacité de l’océan à supporter ces « perturbations carbone », ce qui signifie que son rôle de « tampon » de la Terre est sérieusement compromis.

Le Professeur Alex Rogers de Somerville College à Oxford et Directeur Scientifique de l’IPSO a déclaré : « La santé de l’océan plonge vers le bas bien plus rapidement que ce que nous pensions.

Nous voyons davantage de changements, se produisant plus vite, et les effets sont plus imminents que ce que nous avions anticipé précédemment. La situation devrait être un sujet de préoccupation pour chacun d'entre nous dans la mesure où tout le monde sera affecté par les changements de la capacité des océans à soutenir la vie sur Terre ».

Les résultats, publiés dans le journal Marine Pollution Bulletin, font partie d’un processus d’évaluation en cours supervisé par l’IPSO, qui rassemble les scientifiques d’un ensemble de disciplines marines. Le rapport de 2011 de l’organisation, qui alertait contre la menace d’une extinction « significative au niveau mondial » des espèces marines, a reçu une attention des médias et a été cité dans plusieurs audiences aux Nations Unies, au Sénat américain, au Parlement Européen ainsi qu’au Parlement de Grande-Bretagne.

Le Professeur de l’UICN, Dan Laffoley, a déclaré : « Ce que ces derniers rapports indiquent de manière claire c’est que repousser l’action fera augmenter les coûts à l’avenir et conduira à des pertes plus importantes voire irréversibles. Le rapport climatique des Nations Unies a confirmé que l’océan est la principale victime des changements induits par l’homme sur notre planète. Ces résultats nous donnent encore plus de raisons de nous alarmer –mais ils nous donnent aussi une feuille de route d’action. Nous devons l’utiliser ».

Parmi les dernières évaluations des facteurs affectant la santé de l’océan, le groupe a identifié les impacts suivants comme étant des sujets particulièrement inquiétants:

  • La désoxygénation : les preuves s’accumulent pour montrer que la quantité d’oxygène dans l’océan décline progressivement. Les prévisions suggèrent un déclin de 1% à 7% d’ici 2100.
  • L’acidification : si les niveaux actuels de rejet de CO2 continuent nous pouvons nous attendre à des conséquences extrêmement graves pour la vie océanique, et en retour pour la protection des côtes.
  • Le réchauffement : comme cela a été indiqué clairement par le GIEC, l’océan est la principale victime du réchauffement dans le système climatique, avec des conséquences directes physiques et biogéochimiques.

Le « trio mortel » des trois facteurs de stress ci-dessus –l’acidification, le réchauffement et la désoxygénation- affecte gravement la productivité et l’efficience de l’océan, de nombreux organismes étant perturbés par ces changements.

La pêche excessive réduit davantage la résilience des systèmes océaniques et la gestion des pêcheries échoue encore à faire cesser le déclin d’espèces clés et endommage les écosystèmes dont la vie marine dépend.

Les scientifiques ont indiqué qu’il était urgent de réduire les émissions mondiales de CO2 pour limiter l’augmentation des températures à moins de 2°C ; de garantir la mise en place effective d’une gestion basée sur la communauté et les écosystèmes, favorisant les pêcheries de petite échelle ; de construire enfin une infrastructure mondiale pour la gouvernance des hautes mers.

Photo: My Maldives by Andrew Harrison